la bienveillance, c’est de la merde

Je te le dis, des fois j’en ai marre. Quand je parle avec des hypnos, des fois, j’ai l’impression de parler à des enfants. Et pas dans le bon sens.

Encore qu’un enfant, il est capable de comprendre les choses. Du moins avant d’être formaté ou déglingué par son éducation.

J’ai remarqué depuis longtemps cette tendance à la mièvrerie dans le monde de l’hypnose. Le mode bisounours, moi, ça me fout la gerbe, mais ça, c’est mon problème. Le problème, c’est que cette culture de la soi-disant bienveillance, c’est surtout utile pour éviter de réfléchir.

 

L’autre jour, j’ai eu des commentaires sur mes derniers podcast. Et pas des commentaires structurés, argumentés. Plutôt des reproches, tu vois?

Le langage du reproche, ou shaming, c’est le modèle argumentatifs des gens qui n’ont pas d’arguments. Quand tu ne prends pas le temps de réfléchir aux choses, tu restes au niveau émotionnel. Et quand tu entends des choses qui te choquent, tu n’as pas le matériel pour contre-argumenter. Il ne te reste que le shaming pour essayer de t’en sortir et résoure la dissonance cognitive.

 

 

Le shaming, ça veut dire qu’au lieu d’envoyer un contre-argument, tu attaques la personne sur ce qu’elle est. Ou plus précisément, sur ce que tu penses qu’elle est.

Par exemple, si tu refuses quelque chose à un enfant et qu’il te dit « t’es méchant! ». C’est du shaming.

 

Quand un hypno commente un podcast en disant « vous manquez d’ouverture d’esprit » , « où est la bienveillance? », « quel discours sexiste! » ou autre, c’est du shaming. On te qualifie par rapport à un jugement de valeur, on essaye de te faire culpabiliser pour que tu te sentes comme une merde.

 

Ca me fait penser à la différence entre des terroristes et une armée. Les terroristes n’ont pas d’armée. Comme ils n’ont pas de moyens, ils tapent là où ça fait mal. Les attentats font des victimes innocentes, ça fait peur, ça fait du bruit, mais ça fait très peu de dégâts par rapport à un conflit militaire.

Je vais présenter mon idée différemment. Entre un parent autoritaire/normatif et un parent laxiste/protecteur, dans les deux cas, il y a une façon différente d’exprimer l’amour.

Mais le parent normatif/autoritaire prépare son enfant à devenir un adulte. Le parent laxiste ne veut pas que son enfant grandisse. Il a trop besoin de l’amour et de la reconnaissance de son gosse. Il en est dépendant.

Bon, il faut mettre de la nuance là-dedans, bien sûr. Ce n’est pas tout l’un ou tout l’autre.

 

 

Autorité et responsabilité

 

L’autre jour, dans le podcast, j’ai dit que savoir cadrer ou/et décliner une demande est une compétence fondamentale pour un hypno. Quelqu’un m’a dit qu’on n’avait pas à décider si la demande est bonne ou pas. « C’est le client qui sait ». Et que vouloir cadrer les demandes est un comportement « directif ».  C’est-à-dire que dans ce contexte, le terme « directif » est un reproche.

 

Alors, je vais développer un peu tout ça. Bien sûr, je suis peut-être dans l’erreur, et si c’est le cas, merci de venir me corriger avec autre chose que des reproches.

 

Pour commencer, le client, il sait rien du tout. S’il « savait », il ne serait pas client. Il n’aurait besoin de personne.

Quand je lis un livre d’hypnose, c’est pour apprendre, justement parce que je compte sur quelqu’un qui sait, ou croit savoir, pour compléter ce que je ne sais pas (et la liste des choses que je ne sais pas est interminable^^).

 

Alors, partir du principe que le client a les réponses, et qu’il est un expert de son problème, c’est déjà une approche bien foireuse. Mais cette approche a l’avantage de ne mettre aucune responsabilité sur les épaules du praticien. C’est pratique, ça te protège de l’échec. Les enfant ne supportent pas l’échec.

 

Quand tu acceptes une demande, tu acceptes la responsabilité qui vient avec la demande. Il reste à définir où commence et où s’arrête ton espace de responsabilité. On va en parler.

 

Et quand tu as une responsabilité, ça implique obligatoirement de disposer de l’autorité qui te permet d’assumer cette responsabilité.

C’est-à-dire que quand tu es responsable de quelque chose, tu as le droit (et même le devoir) de prendre des décisions arbitraires et unilatérales. Et donc de faire passer tes décisions par le conflit lorsque c’est nécessaire.

C’est la différence entre un adulte responsable et un adulte-enfant: la conscience de sa responsabilité et l’acceptation des contraintes en terme de conflits.

 

Si tu as des enfants et que tu n’es pas capables de décider pour eux quand c’est nécessaire, tu ne fais pas ton job.

 

De la même manière, en tant que praticien, tu dois être capable de diriger et de contrôler la situation à l’intérieur de ton cadre de responsabilité.

 

 

Le cadre

 

Le cabinet, la session d’hypnose, la méthode, tout ça, c’est un cadre que tu proposes. Personne n’est obligé d’entrer dans ton cadre. Quand une personne prend la décision d’entrer dans ton cadre, elle attend de toi que tu la diriges.

C’est toi qui détermines, de façon arbitraire (au sens du libre-arbitre) sur quoi tu peux travailler , de quelle façon, la durée et l’espacement des séances, etc..

Si un client te demande de lui faire un anneau gastrique hypnotique (il y a encore des gens qui travaillent avec ça? LOL), il impose son cadre et tu  a l’autorité pour lui dire « c’est moi qui décide quelle technique j’utilise ». Si il est pas content, il peut sortir de ton cadre et rentrer chez lui.

 

Si un client potentiel te dit « j’aimerais bien essayer d’arrêter de fumer, mais le problème, c’est que j’aime fumer ». Tu a la posture qui te permet de lui dire « Ok, alors, continuez à profiter de tous ces bons moments avec la cigarette, et rappelez moi quand vous ne serez plus amoureux ».

 

C’est clair, tout ce qui est lié à l’autorité, c’est du sale boulot. Mais qui a prétendu qu’il n’y avait pas de sale boulot en hypnose?

 

 

Alors, bien sûr, la personne a son propre cadre. Elle a son propre espace de responsabilité, et donc elle a son propre espace d’autorité.

On a donc des cadres qui vont s’imbriquer. Ton client est responsable de sa situation, dans une certaine mesure. En tout cas, si lui n’est pas responsable, c’est déjà mal barré pour l’aider.

La personne est responsable des informations qu’elle te fournit. Elle a donc le pouvoir de répondre à tes questions, ou de ne pas répondre. La personne est responsable de ses croyances et de ses modèles mentaux. Elle a donc le pouvoir de vouloir les changer ou les maintenir.

En fait, il ne peut pas y avoir de conflit tant que chacun tient compte du cadre de l’autre.

Et s’il y a conflit, c’est que l’un essaye de diriger un cadre qui n’est pas le sien. Et dans ce cas, c’est normal de protéger son cadre en exerçant une pression supérieure à la pression de celui qui essaye de contrôler ton cadre.

 

Ca demande de l’autonomie affective et de l’indépendance émotionnelle.  Ce sont les caractéristiques de l’adulte responsable. La peur du conflit et l’incapacité à maintenir son cadre par fragilité ou besoin d’amour, c’est une attitude infantile.

 

Pour conclure, concernant mes contenus, je suis responsable de ce que je dis. Ca veut dire que j’ai tous les droits à ce niveau. Je peux dire ce que je veux, et si quelqu’un n’est pas d’accord, il a tous les droits pour le dire, c’est ok. Mais si quelqu’un crée du ressenti , ce n’est pas moi qui ait un problème. Ce qu’une personne pense ou ressent par rapport à ce que tu dis ou ce que tu fais, ce n’est pas ton cadre.

 

 

C’est tout pour aujourd’hui

 

 

Merci de ton attention

 

 

Belle journée

 

 

manu