L’hypnose et l’état normal de conscience

C’est pas pour me vanter (peut-être un petit peu ^^), la vidéo d’hier, c’est la meilleure que j’ai faite jusqu’à maintenant. Il y a des jours comme ça, où on est particulièrement inspiré.

(Pour t’abonner aux vidéos, c’est par ici)

 

 

La semaine dernière, on avait parlé des bienfaits de la relaxation physique sur le système nerveux. Ici, on va plus loin en abordant le principe de résistances.

 

Résistances

 

La résistance, on en parle souvent en hypnose, mais on parle de quoi, en fait?

Le principe de résistances, on peut le décomposer en plusieurs groupes de résistance: résistance au changement, résistance à l’hypnose, résistance aux approfondissements, résistance à la suggestion en général et même, résistance au bien-être.

 

En fait, le terme résistance n’est peut-être pas le plus adapté, car il implique une volonté de ne pas faire quelque chose. On va le garder quand même, pour rester dans le jargon commun.

La personne qui consulte un hypnotiste vit dans un système résistant. Un fonctionnement général rigide. On le constate facilement: plus la situation est ancienne ou/et pénible, plus le système devient rigide.

 

Il y a une certaine forme de sécurité dans l’inertie. C’est comme si on avait tous en nous une force dont le but ultime est de maintenir le système en place, tel qu’il est. Qu’il s’agisse d’une système fonctionnel ou complètement pourri, on a un besoin naturel de stabilité, que les choses soient prévisibles.

D’une certaine façon, la prévisibilité et la stabilité du système compensent les insécurité de la personne. Vu comme ça, ça paraît logique que plus il y aie d’insécurité, plus le système devient résistant.

 

C’est-à-dire que ce qu’on vit constitue notre normalité. Ce que tu vis ou fais tous les jours, ça devient normal.

Personne ne rêve de devenir dépressif ou toxicomane, mais une fois que tu l’es devenu, c’est normal. Et le fait d’envisager un changement dans ta normalité représente plus de contraintes que les contraintes de ton mode de vie.

 

En fait, on ne devrait pas se mettre martel en tête avec les résistances. Justement, la résistance, c’est notre raison d’être. Si les gens n’avaient pas de résistances, ils n’auraient pas besoin de toi.

Je vois l’hypnose comme un jeu de stratégie. Un jeu extrêmement sérieux. Dans un jeu, des fois on gagne, des fois on perd. La défaite est acceptable. Elle est statistiquement correcte.

C’est ce qui fait l’intérêt du jeu: les résultats ne sont jamais garantis et beaucoup d’élément sont en-dehors de ta zone de contrôle.

 

 

Apaiser les résistances

 

En hypnose, la stratégie d’accompagnement est plus importante que l’hypnose elle-même. C’est-à-dire que ce n’est pas tant l’outil hypnose qui donne des résultats, que la manière dont tu l’utilises.

En fait, l’hypnose peut même générer de la résistance. La démarche de changement est en elle-même, un facteur de résistances.

Tout ce qui menace la stabilité du système résistant active des mécanisme de défense et augmentent l’inertie de la personne.

 

Avant toute chose, la personne a besoin d’être rassurée. Son inconscient a besoin d’être rassuré. On n’arrive pas avec nos gros sabots pour faire exploser le système en mode djihadiste  cinglé. On fait une mission de renseignement et d’infiltration pour saboter le système de l’intérieur.

 

Imagine que tu veux entrer dans une boîte de nuit select. Si tu te pointes en jogging, tout seul, à moitié bourré, le videur va te dégager avant que tu aie le temps de dire bonjour.

Mais si tu arrives en respectant le dress-code, avec un groupe d’habitués, et que tu connais le patron de la boîte, tu peux entrer et faire ce que tu veux.

Parce que tu réunis les critères d’admission: la preuve sociale, la simple exposition, la preuve d’autorité, la preuve de normalité.

 

Ta priorité, c’est de rassurer le videur pour qu’il te laisse entrer dans la boîte. Et si tu n’affiches pas les critères du client acceptable, tu peux bien baratiner le videur pendant une heure, tu vas juste le saouler et tu diminues encore tes chances d’entrer un jour dans la boîte.

 

On ne rassure pas les gens avec des arguments logiques. En tout cas, pas avant que la personne soit en capacité d’écouter.

On doit d’abord travailler sur la dimension irrationnelle des résistances, pour activer le cerveau logique.

 

On travaille sur l’inconscient pour ensuite travailler avec le conscient.

 

En fait, tout ce qui se passe avant la phase d’hypnose formelle est une interaction à double niveau. On utilise un double langage.

 

En fait, parler d’état modifié de conscience est une aberration en hypnose. Il s’agit au contraire de développer un état normal de la conscience.

 

La suite au prochain épisode 😉

 

 

Belle journée

 

Manu