Posture du praticien en hypnose: un sujet qui dérange?

Hier, j’ai enregistré mon cours hebdomadaire et franchement, je me suis déchiré. J’y développe un sujet essentiel dans la pratique de l’hypnose: la posture de l’accompagnant.

Je ne vais pas te refaire le cours ici mais dans les grandes lignes, de quoi on parle quand on évoque la posture, pourquoi c’est important, et comment une posture étudiée amplifie l’efficacité de tes techniques plus que les techniques elles-mêmes.

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J’ai bien conscience que le sujet de la posture n’est pas le plus attrayant pour les praticiens. On en a parlé, les gens veulent apprendre de la technique, toujours plus de technique. Et c’est très bien. C’est important.

(Les gens ont envie d’apprendre de la technique mais ce que les gens veulent, ce n’est pas forcément ce dont il sont vraiment besoin)

Le problème, c’est que la technique seule ne t’emmène pas bien loin. Tu ne peux pas développer une pratique en misant tout sur la technique.

 

En hypnose, comme dans toute activité, on peut distinguer plusieurs niveaux d’apprentissage (et en hypnose, on n’a jamais fini d’apprendre).

Le premier niveau, c’est les techniques de base: inductions, protocoles, etc..

Le deuxième niveau, c’est la compréhension des principes qu’on retrouve dans toutes les techniques: dissociation/association, recadrage, symbolique, ancrages, sous-modalités, la stratégie et la structure

Le troisième niveau, c’est tout ce qui sort de la technique pure et qui est lié à la posture: c’est la manière dont tu définis ton rôle, ton professionnalisme, ton attitude et ta dynamique mentale

 

 

Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle l’histoire des trois petits cochons. La maison en paille qui s’envole dès qu’on souffle dessus, c’est comme quand on mise tout uniquement sur la technique. Ca fait le job tant qu’il n’y a pas d’intempérie.

Le problème, c’est qu’en hypnose, des intempéries, il y en a souvent et elles sont imprévisibles. Tu as intérêt à bâtir du solide si tu veux développer une pratique.

Un praticien qui ne s’intéresse qu’à l’aspect opérationnel, c’est-à-dire à la technique seule, il passe son temps à reconstruire sa cabane en paille.

 

 

Bien sûr, pour un débutant, c’est l’aspect « magique » de l’hypnose qui est attractif. Les résultats sont rapides et gratifiants quand tu commences à apprendre les techniques d’hypnose. Mettre les gens en transe, créer des phénomènes hypnotiques, dérouler un protocole et obtenir un résultat, c’est cool, ça fait plaisir..

Mais l’attrait de la nouveauté s’estompe rapidement. L’émerveillement devant l’état hypnotique, ça devient la routine. Au bout d’un temps assez court, ça ne t »impressionne plus autant qu’au début.

Ce n’est pas que tu deviens blasé, c’est plutôt que ton intérêt et ta passion gagnent en profondeur, en maturité.

 

Je vais te dire quelque chose de très important et je te demande de prendre un moment pour y réfléchir:

 

En hypnose, ce qui est déterminant, et qui demande le plus d’effort et de réflexion, ce qui fait la différence entre un pro et un amateur, c’est ce qui ne se voit pas.

 

 

Qu’est-ce que ça veut dire?

Ca veut dire que la technique pure, l’approche opérationnelle, c’est la partie visible d’un iceberg. Tout ce qui maintient l’iceberg en place et le rend capable de couler le Titanic, c’est sous la surface et c’est énorme.

La technique ne représente en fait qu’une infime partie de la pratique.

 

 

Il y a un moment où connaître plus de protocole ne te fait plus progresser. Parce que quand tu comprends les principes derrière les techniques, tu te rends compte que c’est toujours plus ou moins la même chose.

 

C’est-à- dire que les techniques et les principes de base doivent être maîtrisés, mais ils n’évoluent pas, ou très peu.

Et même quand il y a un « nouveau » modèle d’hypnose qui apparaît sur le marché, c’est seulement l’emballage qui est nouveau. Techniquement, c’est souvent assez limité. En tout cas, il n’y a pratiquement pas d’innovation.

 

Mais les compétences les plus importantes, celles qui sont liées à la culture de ton activité, à ta posture et à la manière dont l’hypnose est positionnée dans le grand public, ça évolue constamment. On doit se renouveler et se mettre à jour en permanence car sinon , on est rapidement dépassé.

Par exemple, un praticien en hypnose qui utiliserait abondamment le Milton Model comme ça se faisait il y a 10 ans, ce serait complètement kitsch.

 

Le langage de l’hypnose évolue, les attentes des gens évoluent, l’image du praticien évolue, le métier évolue sans cesse et on doit s’adapter.

 

Un sujet dont on ne parle pas ou très peu dans le monde de l’hypnose, c’est cette notion de posture. La manière dont tu définis ton rôle, c’est ce qui te permet, ou pas, de tenir sur le long terme. Déjà parce qu’une activité de praticien prend du temps à se développer, ensuite parce que quand ton cabinet tourne à plein régime, tu as intérêt à être carré pour ne pas finir complètement lessivé et dégouté d’aider les personnes.

 

C’est une activité qui peut être aussi gratifiante que frustrante. Parfois, les gens te désespèrent et si tu n’as pas appris à te désengager émotionnellement et affectivement des problèmes de tes clients, ça risque de devenir très compliqué pour toi..

 

J’espère que tout ça te fait réfléchir et que ça t’aide un peu. Je vais conclure sur une citation de Jim Rohn, un de mes auteurs préférés:

 

« Le gars se vante d’avoir 10 ans d’expérience mais en fait, comme il n’a pas vraiment évolué, il n’a qu’1 an d’expérience multiplié par 9 »

 

 

 

Belle journée à toi

 

 

Manu

 

 

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